14 août 2009 – Réponse à l’article de Bernard Mooney dans les affaires.com
http://www.lesaffaires.com/nouvelles/opinion/blogues/blogue.fr.html?handle=BernardMooney
Voici les grandes lignes de cet article…
… Les grandes sociétés financières canadiennes profitent de la récession et du marché baissier pour agrandir, renforcer leur monopole.
Les spécialistes eux expliqueront cela en parlant de consolidation.
Par exemple, les banques canadiennes ont profité du krach de 1987 pour prendre le contrôle quasi total du courtage en valeurs mobilières. Par la suite, ils ont fait de même avec le secteur des fonds communs.
C’est ainsi qu’en deux décennies, les financières canadiennes ont sans cesse agrandi leur monopole qui est devenu indécent. Au point où l’épargnant, l’investisseur et les gens d’affaires ont moins en moins de véritables options, de choix.
Et cela se poursuit. Hier, par exemple, Manuvie a acheté la société de fonds AIC, ajoutant 3,8 milliards d’actif sous gestion…
Bonjour Monsieur Mooney,
Vous touchez là le cœur du débat des services financiers : la concentration du pouvoir et, son revers, l’uniformité et la limitation des choix offerts aux clients.
Votre analyse est bien juste et la tendance est criante que tous les services financiers se retrouvent finalement dans les mains des banques et des compagnies d’assurances qui un jour finiront par se fusionner…
Un par un les indépendants sont forcés de se vendre à ces empires pour préserver leurs services personnalisés. Pensons simplement à Option Retraite et aux Fonds Everest. Car si leurs clients apprécient leurs services, ils ont désormais en tête la petite question : “Est-ce que cette firme pourrait être un futur Norbourg ou un Earl Jones ?” La sécurité semble avoir le dos bien large !
Peu à peu la rationalisation et la réduction des coûts feront leur œuvre afin d’améliorer la dernière ligne du bilan des géants : le profit. Cela deviendra une machine bien huilée à générer simplement des commissions. Le conseiller financier de monsieur et madame Toulemonde se rapprochera du format salarié avec bonus. Il y aura moins d’intérêt pour cette profession. Au détriment du choix et du service. Sauf pour ceux dont les actifs atteindront le seuil minimum requis pour obtenir des services personnalisés.
Dans ce domaine des services financiers, le libre service pourrait bien continuer à exister sous forme d’une poudre aux yeux, mais les rendements, eux, seront extraordinairement tributaires des gros joueurs qui désormais influencent les bourses pour leurs propres intérêts. Bien loin de ceux des petits investisseurs… La situation actuelle, suite à la crise des subprimes, est si évidente ! Les récents profits de banques proviennent surtout des opérations de courtage sur les marchés financiers, très peu du détail ou du commercial…
La seule possibilité pour les investisseurs de forcer le système financier à leur octroyer des services adéquats, personnalisés et en lien avec l’économie réelle passe par l’éducation et l’expression des valeurs humaines. L’éducation nécessite une implication personnelle que ce soit dans des lectures (journaux, magazines, livres, blogues) et / ou dans des cours de formation. Mais surtout et aussi en posant des questions. Oui, en osant poser des questions. Et rappelez-vous bien ceci : il n’y a pas de questions stupides, mais c’est drôlement stupide de ne pas en poser !
Il ne s’agit pas de devenir des experts, mais de comprendre le fonctionnement de base de l’économie, des valeurs mobilières, le rôle du gardien des valeurs, les risques de fraudes… Même si cela semble rébarbatif au premier abord, ayez une attitude positive et dites-vous qu’il s’agit de votre argent. Avec ces connaissances, vous serez plus exigeants envers la qualité des produits et services financiers offerts.
Dans ce processus, l’investisseur doit également rechercher le conseiller financier qui partage les mêmes valeurs que lui. Quelqu’un qui sait écouter, qui a de l’empathie. Là aussi, il faut s’éduquer – de la même manière – sur les comportements humains, sur les troubles de la personnalité, sur les tendances psychopathiques. La confiance ne peut pas être aveugle. Elle doit se partager et se mériter. S’il y a des pommes pourries parmi les professionnels des services financiers, il y a encore fort heureusement de nombreux conseillers financiers hautement intègres et « fiers de leur profession ».
La société étant le reflet des valeurs exprimées de ses individus, les investisseurs doivent se réapproprier l’expression de leurs besoins. L’Autorité des Marchés Financier a sans aucun doute un rôle prépondérant à jouer dans cette r-évolution en ramenant l’intégrité, la transparence et les valeurs humaines au sein de cette industrie.
