Le compte d’Opvest (Desjardins) était géré par Norbourg, via un SWAP entre la City Bank et Opvest. Un swap (de l’anglais”to swap” : échanger) est un produit dérivé financier, communément utilisé dans l’industrie financière.
Il s’agit d’un emprunt sans échange de capital, c’est-à-dire sans implications réglementaire, administrative et fiscale. Le swap est un produit financier dont la valeur ne porte que sur des droits contractuels relatifs à un taux d’intérêt et à un rendement. En bref il s’agit d’un contrat d’échange de flux financiers entre deux contreparties, qui sont généralement des banques ou des institutions financières.
En utilisant cette technique et l’effet de levier qui lui permet d’emprunter à même ses fonds placés, Opvest obtient l’équivalent d’un prêt débarrassé de l’essentiel de son risque de crédit. Cette façon de faire, tout à fait commune dans l’industrie, avait comme principal avantage de ne pas affecter les états financiers d’Opvest. De plus, le montant correspondant de son propre capital n’ayant pas été utilisé dans cette opération, Opvest pouvait l’utiliser pour d’autres stratégies.
City Bank garantissait à Opvest le rendement du Fonds alternatif géré par Norbourg, moins une fraction de pourcentage pour les frais. En échange, Opvest payait à City Bank le LIBOR (London Interbank Offered Rate) qui est un taux de référence (taux moyen) journalier basé sur les taux d’intérêt auxquels les grandes banques établies à Londres s’offrent entre elles des prêts non garantis (non adossés à des titres) sur le marché interbancaire de londonien. C’est la mesure de référence qui est utilisé pour les swaps.
Si le rendement net du Fonds Norbourg dépassait le taux LIBOR, alors il y avait profit pour Opvest. Dans le cas inverse, il s’agissait d’une perte.
Très rapidement, Opvest est devenu, à son insu, le banquier privé de Vincent Lacroix. Avant d’être son propre fiduciaire (ce qui est permis par la loi dans certaines circonstances), en mars 2001, Vincent Lacroix a bien essayé de se faire envoyer cet argent, géré dans le Fonds Éloria, dans ses propres comptes. Mais le courtier qui passait les transactions a refusé car le compte bancaire utilisé par Vincent Lacroix était celui de Norbourg et non celui d’Éloria.
Une fois devenu son propre fiduciaire, Vincent Lacroix a modifié les règles contractuelles, et le Northern Trust a suivi les instruction du PDG sans trop se poser de questions, sans trop vérifier les comptes, sans s’alarmer le moins du monde…
Les premiers argent d’Opvest sont arrivés en février 2000, le dernier 7.5 millions $ en juin 2003. Et déjà en avril 2002, plus de 12 millions $ avaient été syphonés vers les comptes de Norbourg ou de ceux de Vincent Lacroix. De son côté, malgré les rendements décevant du début, Opvest ne posait pas non plus beaucoup de question. La confiance était de mise. “Tout le monde il était beau”…

