Montréal, mercredi 18 juin 2008, la GRC fait sa deuxième descente dans l’affaire Norbourg. Cette fois-ci ce n’est pas au siège social, puisqu’il n’existe plus, mais chez les membres de la “garde raprochée”. Six heures et demi du matin, des coups de sonnette, des coups de poing retentissent sur les portes d’entrée de cinq présumés complices de Vincent Lacroix. Serge Beugré, Félicien Souka, Jean Cholette, Rémi Deschambault et Jean Renaud sont les personnes visées. Vincent Lacroix, qui fait également partie de cette raffle, a été facile à trouver puisque qu’il est actuellement en prison, suite à sa condamnation au pénal.
Beugré, vice-président et directeur général était l’ater ego de Lacroix. Souka était l’informaticien responsable de la publication des états financiers de Norbourg. Ils faisaient tous les deux partie de l’ ”équipe flottante” qui travaillait le soir et la fin de semaine à fabriquer des fausses données pour simuler les portefeuilles de clients, portefeuilles devenus virtuels depuis longtemps…
Cholette était le directeur financier corporatif de Norbourg, et le comptable privé de Lacroix. Deschambault était le vérificateur externe de Norbourg, et Renaud un fonctionnaire au ministère des finances du Québec qui était aussi consultant pour Norbourg. C’est lui qui s’est occupé d’obtenir les fameux crédits d’impôts. Ils ont tous les cinq était libérés sous caution. Lacroix est directement retourné en prison. Le procès devant juge et jurry débutera début septembre 2008.
Dans mon livre, je parle de la garde rapprochée. Deschambault n’en faisait pas partie. Il était le vérificateur externe qui ne faisait qu’accepter les consignes et les informations de Vincent Lacroix et d’Éric Asselin sans trop sourciller. Parmi les personnes arrêtées, il manque donc, en tant que membre de cette garde, Éric Asselin qui était le vice-président finance de Norbourg, et directeur général de Norbourg Capital, le réseau de distribution. C’est lui le délateur. Il en a obtenu l’immunité judiciaire… Le dernier larron est David Simoneau qui était l’homme charnière avec le Northern Trust, gardien des valeurs. La GRC semble l’avoir convaincu de collaborer avec elle. Il est le jeune cousin que Vincent a toujours protégé. Il a crû aveuglément en Vincent. Il se sent désormais bien seul, maintenant que Vincent est derrière les barreaux…
Je souhaite que ce procès aille au-delà de ces six accusés, et puisse démontrer comment ils ont pu manoeuvrer ainsi durant cinq ans sans qu’aucun des gardes-fou réagisse. En ce qui concerne le vérificateur externe Deschambault, cela ne devrait pas être trop difficile. Il a été mis en accusation. Mais en ce qui concerne le gardien des valeurs et l’autorité des marchés, c’est une autre paire de manches. Verra-t-on un procès exclusivement concentré à faire la lumière sur la responsabilité des accusés, ou saura-t-on forcer le gardien de valeurs et l’autorité des marchés à témoigner comme témoins pour rendre compte de ce qu’ils n’ont pas fait et qu’ils auraient dû faire pour éviter un tel scandale ? J’ai bien peur qu’il faille attendre le procès en recours collectif. Qui risque de se régler à l’amiable avant d’aller en cour. Si jamais il y a d’autres fautifs dans ce scandale, on ne saura jamais le pourquoi et le comment…
La confiance des investisseurs dans le système financier et les autorités gouvernementales en sortira-t-elle améliorée ?
