Dans ma dernière chronique je vous ai laissé en disant que je vous proposerai prochainement des stratégies, des idées pour tirer avantages des ces corrections des marchés, et solidifier vos placements. J’ai pris un peu de retard car je viens de terminer les dernières corrections de mon livre sur le scandale de Norbourg, en collaboration avec mon éditeur. C’est un long processus.
Avant de vous reparler de pacement, je préfère toutefois faire le point sur la situation économique.
Depuis le début de février, la situation économique a continué à ralentir. Plusieurs indicateurs montrent des signent évidents de cette faiblesse, et toutes les prévisions de croissance des pays sont révisées à la baisse.
La crise des “subprimes” aux États-Unis ne semble pas terminée. On attend une deuxième vague. Au début d’avril, le FMI (Fonds Monétaire International) a chiffré à près de 1 000 milliards $ US le coût potentiel de cette crise pour le système financier international. Cette crise entraîne dans sa spirale la dépréciation de l’immobilier dans son ensemble, ce qui provoque pour les consommateurs propriétaires, et même en général, un sentiment de richesse moindre. Et elle se répercute dans de nombreux pays, vu son internalisation… Du coup, les consommateurs ralentissent leurs dépenses.
À la mi-avril, ce sont aux entreprises canadiennes d’envisager l’avenir avec un peu plus d’inquiétude qu’il y a quelques mois. Elles prévoient une légère baisse de leur chiffre d’affaires au cours des 12 prochains mois. Toutefois, l’économie canadienne continue à bénéficier du prix élevé des ressouces et de l’énergie. Le marché du travail au Canada et la demande de consommation devraient néanmoins rester soutenus.
Les États-Unis ralentissent pour une raison structurelle. Celle de la faiblesse du secteur financier. Au Canada, ce secteur est beaucoup moins vulnérable, et la force relative du dollar permet de contenir l’inflation due aux prix de l’énergie et des produis de base.
La chute du billet vert aux États-Unis, n’a rien pour encourager cette économie fatiguée. Les exportations n’augmentent pas proportionnellement, et les importations coûtent de plus en plus chères. La structure industrielle fait que le pays est fortement importateur, non seulement en raison des coûts de production moindre dans les pays d’Asie, mais aussi en raison de l’importante sous-traitance développée en dehors du pays.
Cette chute du billet vert est volontairement organisée par les autorités américaines, au moyen de l’augmentation de la masse monétaire. Pour essayer de maintenir la consommation. La baisse des taux d’intérêts ouvre en effet la vanne des liquidités ou du crédit disponibles. Mais comme le pays est largement importateur, les dépenses de consommateurs se retrouvent en bout de ligne dans les poches de producteurs extérieurs. Cette utilisation gigantesque de la “planche à billets” est dangeureuse à long terme. Nous ne sommes plus à l’époque du New Deal, après la dernière grande guerre. Aujourd’hui, la dette américaine est financée par les étrangers, principalement la Chine. À un moment donnée, elle sera assez irritée non seulement de voir le dollar dégringoler, entraînant une baisse de ses créances, mais aussi de voir un ralentissement de ses exportations à cause de cette failblesse continue du dollar. Et alors, que fera-t-elle ? Les Américais ne peuvent plus ainsi exporter leur dette, impunément.
